samedi 22 février 2014

Immigration: Le modèle scandinave et ses limites

MORTENSRUD, Norway — Lise and Kjetil Ulvestrand came to this town south of Oslo in 2005 for the space, the views, the forest and the cheaper rents. Ms. Ulvestrand, a former development worker in Latin America and a social worker with Norway’s immigrants, says she is comfortable around foreigners and different cultures.
But as the number of immigrants, including Muslims, gradually increased in Mortensrud, she began to worry about her children and their education.
“I loved the forest and had friends, but ethnic Norwegians were moving out, so my children were losing friends,” she said. “After a while we discovered that when kids were 5 or 6, everyone moved out. We wanted a stable environment, and we had some questions about the social challenges at the school,” where the number of people who are not ethnic Norwegians was growing rapidly.
So the Ulvestrands decided last summer to move back into comfortable west Oslo, where she grew up. “I felt a bit guilty about moving, having worked in Latin America with minorities and defending their rights,” she said. “It wasn’t just ethnic Norwegians, it was anyone with resources moved out.”
Their concerns about immigration and perceptions that Islam is challenging prevailing national values are widely shared, both among some Norwegians on the left of the political spectrum, and among many on the right, who in September put the Conservative Party into office after eight years of government by Labor Party-led leftist coalitions.
In a nation that has long prided itself on its liberal sensibilities, the intensifying debate about immigration and its effects on national identity and the country’s social welfare system has been jarring — and has been focused on the anti-immigration Progress Party, which is part of the new Conservative-led government.
(...)
Asked about national values, Mr. Solvik-Olsen instead spoke of the kind of discomfort that the Ulvestrands felt here. “Some people feel they’re waking up one morning and their old neighborhood is gone,” he said. “Strangers move in and people don’t even understand what they’re saying; we have a generous welfare system, and you feel a stranger in your own neighborhood.” (...)
http://www.nytimes.com/2014/01/24/world/europe/anti-immigrant-party-norway.html

vendredi 21 février 2014

Avant l’invention des passeports

En ce centenaire de la guerre de 1914, célébrons l’âge d’or européen. Ce temps mythifié où l’Europe connaissait une monnaie commune – l’étalon-or – et où les citoyens traversaient librement le continent. Il suffit de lire ces lignes nostalgiques de l’écrivain juif autrichien Stefan Zweig : « Je m’amuse toujours de l’étonnement des jeunes quand je leur raconte qu’avant 1914,  je voyageais en Inde et en Amérique sans posséder de passeport, sans même en avoir jamais vu un. On montait dans le train, on en descendait sans rien demander, sans qu’on ne vous demandât rien », écrit-il dans « Le Monde d’hier, souvenirs d’un Européen ». « Il n’y avait pas de permis, pas de visas, pas de mesures tracassières : ces frontières (…) ne représentaient rien que des lignes symboliques qu’on traversait avec autant d’insouciance que le méridien de Greenwich. » La Grande Guerre eut raison de l’étalon-or et de la liberté d’aller et venir (...) 

lemonde.fr

vendredi 10 janvier 2014

LES FILMS FRANÇAIS NE SONT PAS RENTABLES

Deux jours avant que le CNC (Centre national du cinéma) présente, le 8 janvier, une étude sur la rentabilité des films français, le site de BFM Business publie la sienne. Ce n'est pas reluisant: seuls 10% des films français sortis en salles en 2013 sont rentables, selon BFM Business.
«Sur les 20 plus gros budgets de l'année (L'Ecume des jours, Jappeloup, Boule et Bill, En solitaire, Möbius...), aucun n'atteint le seuil de rentabilité.»
BFM souligne même que Turf, Au bonheur des ogres, ou Gibraltar ont rapporté «moins de 10% des sommes investies».
Les pires échecs sont ceux du Premier homme adaptation d'un roman inachevé d'Albert Camus, avec Jacques Gamblin et Denis Podalydès (coût: 10,3 millions d'euros, pour 36.000 spectateurs, «soit une rentabilité estimée de seulement... 2%» selon BFM Business) Attila Marcel, de Sylvain Chomet (44.000 spectateurs pour un budget de 7,2 millions d'euros, rentabilité établie à 3,6%; Angélique, remake d'Angélique marquise des anges a fait 104.000 entrées pour un budget de 15,75 millions d'euros (le film est encore en salles). 
En 2012, selon des précédents calculs de BFM Business,86% des films français avaient perdu de l'argent.

http://www.slate.fr/culture/81965/films-francais-rentabilit%C3%A9




Les journalistes cinéma du "Figaro" sont désormais privés de projections presse pour les films distribués par Gaumont et Pathé. En cause : leurs critiques jugées trop négatives.

Dans un article intitulé "Pas de tomates pour les navets", plusieurs journalistes du Figaro ont ainsi dénoncé avec ironie cette situation. "Les critiques sont des gens méchants. Parfois, ils écrivent du mal des gentils films. Parfois même, ils osent dire qu'ils ne sont pas tous des chefs-d'oeuvre. Pire, ils ne soutiennent pas systématiquement les longs métrages produits et distribués par les firmes Pathé et Gaumont. Qui n'ont rien contre la critique, pas du tout, du moment qu'elle tartine sur la qualité de leur réalisation" ont-ils raillé.

jeudi 12 décembre 2013

Singapour voit son image se lézarder inexorablement

Louée, pendant des années, comme un havre de prospérité, Singapour voit son image se lézarder inexorablement. Dans la nuit de dimanche à lundi, la cité-Etat asiatique a ainsi été le théâtre de heurts entre plusieurs centaines de travailleurs étrangers et la police, relate Voice of America – du jamais-vu depuis les émeutes raciales de 1969 entre la majorité chinoise et la minorité malaise (au moins quatre morts et 80 blessés). Ces échauffourées, qui ont entraîné l'arrestation de 27 personnes, ont été déclenchées par la mort d'un ressortissant indien, écrasé par un bus dans le quartier de "Little India", où se rassemblent d'ordinaire les employés du bâtiment venus du sous-continent pendant leur pause dominicale. De l'avis de la plupart des analystes, dont le Wall Street Journal se fait l'écho, elles témoignent d'une fissure dans le tissu social, consécutive au poids croissant des étrangers dans l'économie nationale. De fait, rappelle Bloomberg, la population singapourienne a bondi de 1,1 million à près de 5,3 millions depuis la mi-2004, principalement grâce aux travailleurs immigrés. Lesquels représentent aujourd'hui près d'un tiers de la main-d'œuvre totale. Or, pour beaucoup d'entre eux, Singapour n'a rien d'un paradis. Ce serait même plutôt l'inverse. Cadences infernales, piètres salaires : leurs conditions de travail sont peu enviables, souligne le Global Post.

dimanche 15 septembre 2013

Scotchés au bureau : le "présentéisme", cet autre mal français dont on ne parle jamais (et qui étonne tant nos voisins)

Atlantico : Selon un rapport paru en juillet et publié par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), l’ensemble des Français travaillent plus que la moyenne des Européens. Finir tard et emporter du travail avec soi serait une habitude hexagonale. Quelles raisons peuvent expliquer ce "présentéisme" ? Ce phénomène est-il propre à la crise ? 

Denis Monneuse : Les motivations sont diverses. Les 35H ont intensifié le travail sur un nombre de jours plus faible, du fait des RTT. La masse de travail à fournir a eu tendance à augmenter avec la crise car certains postes ne sont pas remplacés, ce qui pousse les gens soit à travailler plus tard, soit à emporter du travail chez eux le soir, en week-end ou en vacances pour pouvoir abattre la même charge de travail que lorsqu’il y avait moins de RTT. La pression sociale est plus forte en période de crise économique car la crainte de perdre son travail est plus importante et la peur d’être mal vu par son patron peut renforcer le "présentéisme". Ce phénomène existait déjà mais la crise l’a renforcé. *


Pourquoi quitter tôt son travail est-il mal vu chez nous ? Y a-t-il en France un "management de la culpabilisation" ? 


Quitter son travail tôt peut être mal vu de la part des collègues qui éprouvent de la jalousie. Lorsqu’on entend des phrases telles que "tiens tu as pris ton après-midi" à quelqu’un qui part à 18h, il y a un signe de jalousie de la part des collègues qui, eux, n’ont pas fini ou qui ont l’impression que la charge de travail est mal répartie. Ce phénomène peut être plus important en France car notre pays est marqué par la logique de l’honneur. Il faut prouver notre valeur. Rester plus tard peut permettre de montrer qu’on a un poste plus important, des responsabilités, qu’il faut travailler plus que les autres. Le "présentéisme" permet de "prouver sa valeur". On le remarque bien chez les cadres. Le nombre de cadres n’a cessé d’augmenter. En France, on est très attaché à la notion de cadre et le nombre de cadres est très important. Comme tout le monde devient cadre, la valeur relative par rapport aux professions intermédiaires, aux employés ou aux ouvriers est plus faible. Pour montrer qu’on est un vrai cadre et que ce n’est pas juste un statut que l’on a obtenu, il faut prouver que l’on est prêt à ne pas compter ses heures. C’est un signe de valeur par rapport aux autres. 


Comment expliquer que la situation est différente ailleurs, notamment dans les pays nordiques ? 


Je pense que la préoccupation du bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée est plus développée dans les pays nordiques et les pays anglo-saxons alors que cet équilibre est légitime. C’est un signe qui montre que ce n’est pas encore intégré, il y a un effet de "bizutage" où les personnes plus âgées regrettent d’avoir consacré une part trop importante de leur vie au travail, sont jalouses et veulent que les autres fassent comme elles pour se sentir moins seules dans cette démarche. 


Le temps passé au travail est-il un indicateur de la qualité de son travail et de l’efficacité ? 


Non, au contraire. De plus en plus d’études montrent que le temps passé au travail peut aboutir à une baisse de productivité. Tout le monde est perdant car les salariés restent plus longtemps au travail, ont un moins bon équilibre de vie, plus de difficultés à prendre du recul sur leur travail et moins de créativité. L’entreprise perd à avoir des salariés moins créatifs et moins productifs. Un exemple de pays où il y a un fort présentéisme est le Japon. Les gens restent très tard le soir pour montrer qu’ils sont capables de travailler beaucoup mais la productivité dans les bureaux est beaucoup plus faible que ce que l’on pourrait imaginer. Finir tard entraîne de la fatigue, un manque de concentration donc un manque de productivité et de créativité. On peut imaginer qu’un salarié qui termine tard est un salarié plus lent et mal organisé mais ce n’est pas encore vraiment le cas dans la plupart des entreprises françaises. Un autre effet pervers du présentéisme est l’une des causes du "plafond de verre" chez les femmes car le présentéisme est une pratique plutôt masculine. Comme les femmes s’occupent souvent des enfants et de la maison, elles peuvent difficilement rester plus tard le soir. Cela peut être interprété comme un moindre investissement des femmes au travail et peut expliquer qu’on leur confie moins de responsabilités. Les Anglais appellent le présentéisme le competitive presenteism pour montrer qu’il y a une concurrence mise en place dans certaines entreprises à celui qui reste le plus tard le soir pour être le mieux vu. On entre alors dans une spirale infernale où il faut rester plus tard que les autres pour se faire bien voir.


http://www.atlantico.fr/decryptage/scotches-au-bureau-presenteisme-cet-autre-mal-francais-dont-on-ne-parle-jamais-et-qui-etonne-tant-nos-voisins-denis-monneuse-841103.html#pAdQzheROgBsywdd.99