vendredi 25 avril 2014

il paraît que les immigrés n’aiment pas la France, et que c’est de sa faute…

L'article « La France orange mécanique à Évry : “violée parce que toutes les Françaises sont des putes” » a suscité beaucoup de commentaires. En voici un :
Que de haine, que de préjugés, que d’incompréhensions mutuelles.Vous ne vous rendez pas compte que si ces gosses ont fait cette monstruosité, ce n’est pas du fait de leur origine, mais parce qu’ils n’ont reçu aucune éducation, aucun repère, et que leur horizon familial, social et culturel est totalement bouché.
Au lieu de réclamer des condamnations à mort, vous feriez mieux de vous interroger sur votre façon collective de les “accueillir” depuis 50 ans. De les respecter depuis 50 ans. De leur donner leur chance depuis 50 ans. Qu’avez-vous fait pour eux, sinon les mépriser avec cette bonne conscience propre à ceux qui n’ont pas eu beaucoup de mal à se donner pour préserver leur statut social ?
Si ce commentaire est cité, de préférence à d’autres, c’est qu’il résume de façon accablante la pensée des vestales médiatiques et politiques qui gardent jalousement le temple dédié à sainte Nigauderie. La France est donc la poule qui a fait et couvé l’œuf. Et c’est à elle qu’il convient de s’en prendre. Pas à l’œuf. Un remake de l’antique malédiction juive (« que son sang retombe sur nos têtes »). Assassins du Christ un jour, assassins du Christ toujours. La France coupable un jour, la France coupable toujours.
La France a parqué et entassé les immigrés dans des HLM ? Oui. Mais ils habitaient où, avant ? Chez eux, ou chez nous, dans des bidonvilles (il y en avait encore à Nanterre dans les années 60) crasseux, glauques, sans eau ni électricité. La France les a fait marner pour des salaires de misère ? Oui. Mais chez eux ils mouraient de faim, et la durée de vie de beaucoup de leurs enfants n’excédait souvent pas celle d’un papillon, faute de soins. L’administration française, les fonctionnaires des préfectures, les guichetières de la Sécu, les policiers n’étaient guère prévenants à leur égard ? Oui. Mais chez eux ils étaient traités comme du bétail, pas de Sécu, et les policiers locaux battaient et torturaient dans les commissariats.
Il n’est pas facile d’être immigré en France. Mais cela n’est facile nulle part. Les Italiens, qui sont venus chez nous chercher du travail, en ont fait l’amère expérience à Aigues-Mortes quand, au croisement des XIX et XXe siècles, nombre d’entre eux ont été tués dans une émeute xénophobe. Les Espagnols, des maçons venus construire nos maisons, des femmes de ménage, des concierges, ont été à peine mieux traités : des salaires de misère et des remarques peu flatteuses sur l’origine des espingouins. Les Juifs polonais, ou roumains, venus de leur ghetto, ont travaillé comme des malades dans des ateliers de confection dignes de Dickens, et cela dans une France où on ne se privait pas de crier : « À bas les métèques ! » et « Mort aux Juifs ! ». Sans oublier les Chinois d’aujourd’hui qui bossent dans des sous-sols puants en rêvant du Smic qu’ils n’ont pas.
Est-ce que quelqu’un, une association, un ministère, un SOS quelconque, un CFCM, un CRAN pourrait nous indiquer si les groupes humains cités ci-dessus ont manifesté par quelque moyen que ce soit un désir de vengeance, une haine de la France ? L’autre jour à la télévision, le philosophe Edgar Morin, qui, de manière himalayesque, illustre la phrase du général de Gaulle sur Pétain (« La vieillesse, quel naufrage ! »), apostrophait violemment Alain Finkielkraut. Il lui reprochait d’être « obsédé par les musulmans ». Et se demandait, sur un ton qui se voulait patelin, comment il était possible que « le fils d’un Juif polonais » si bien intégré refuse cette intégration aux Maghrébins.
Personne n’a interrompu Morin. On aurait pu cependant l’interroger afin de savoir combien de millions étaient les Juifs polonais débarqués en France. On aurait pu aussi lui demander s’il y avait sur la planète 1 milliard d’individus de la même religion ou de la même origine qu’eux. On aurait pu aussi l’interpeller et lui demander si le mot oumma avait son équivalent en yiddish ou en hébreu. On aurait pu… Un chiffre, ou plutôt deux, pour conclure. D’après la DGSE, 700 djihadistes français combattent en Syrie. Selon le juge antiterroriste Marc Trévidic, il faut au moins 70 000 islamistes radicaux pour que 10 % d’entre eux sautent le pas et passent à l’action. D’après certains spécialistes, c’est surtout en prison qu’ils basculent dans l’islamisme. Peut-être que ceux d’Évry et quelques autres ne devraient pas aller en prison…

 http://www.atlantico.fr/decryptage/france-orange-mecanique-evry-parait-que-immigres-aiment-pas-france-et-que-c-est-faute-benoit-rayski-1051786.html#E8ykkcoDzIK8jGoL.99

samedi 22 février 2014

Immigration: Le modèle scandinave et ses limites

MORTENSRUD, Norway — Lise and Kjetil Ulvestrand came to this town south of Oslo in 2005 for the space, the views, the forest and the cheaper rents. Ms. Ulvestrand, a former development worker in Latin America and a social worker with Norway’s immigrants, says she is comfortable around foreigners and different cultures.
But as the number of immigrants, including Muslims, gradually increased in Mortensrud, she began to worry about her children and their education.
“I loved the forest and had friends, but ethnic Norwegians were moving out, so my children were losing friends,” she said. “After a while we discovered that when kids were 5 or 6, everyone moved out. We wanted a stable environment, and we had some questions about the social challenges at the school,” where the number of people who are not ethnic Norwegians was growing rapidly.
So the Ulvestrands decided last summer to move back into comfortable west Oslo, where she grew up. “I felt a bit guilty about moving, having worked in Latin America with minorities and defending their rights,” she said. “It wasn’t just ethnic Norwegians, it was anyone with resources moved out.”
Their concerns about immigration and perceptions that Islam is challenging prevailing national values are widely shared, both among some Norwegians on the left of the political spectrum, and among many on the right, who in September put the Conservative Party into office after eight years of government by Labor Party-led leftist coalitions.
In a nation that has long prided itself on its liberal sensibilities, the intensifying debate about immigration and its effects on national identity and the country’s social welfare system has been jarring — and has been focused on the anti-immigration Progress Party, which is part of the new Conservative-led government.
(...)
Asked about national values, Mr. Solvik-Olsen instead spoke of the kind of discomfort that the Ulvestrands felt here. “Some people feel they’re waking up one morning and their old neighborhood is gone,” he said. “Strangers move in and people don’t even understand what they’re saying; we have a generous welfare system, and you feel a stranger in your own neighborhood.” (...)
http://www.nytimes.com/2014/01/24/world/europe/anti-immigrant-party-norway.html

vendredi 21 février 2014

Avant l’invention des passeports

En ce centenaire de la guerre de 1914, célébrons l’âge d’or européen. Ce temps mythifié où l’Europe connaissait une monnaie commune – l’étalon-or – et où les citoyens traversaient librement le continent. Il suffit de lire ces lignes nostalgiques de l’écrivain juif autrichien Stefan Zweig : « Je m’amuse toujours de l’étonnement des jeunes quand je leur raconte qu’avant 1914,  je voyageais en Inde et en Amérique sans posséder de passeport, sans même en avoir jamais vu un. On montait dans le train, on en descendait sans rien demander, sans qu’on ne vous demandât rien », écrit-il dans « Le Monde d’hier, souvenirs d’un Européen ». « Il n’y avait pas de permis, pas de visas, pas de mesures tracassières : ces frontières (…) ne représentaient rien que des lignes symboliques qu’on traversait avec autant d’insouciance que le méridien de Greenwich. » La Grande Guerre eut raison de l’étalon-or et de la liberté d’aller et venir (...) 

lemonde.fr

vendredi 10 janvier 2014

LES FILMS FRANÇAIS NE SONT PAS RENTABLES

Deux jours avant que le CNC (Centre national du cinéma) présente, le 8 janvier, une étude sur la rentabilité des films français, le site de BFM Business publie la sienne. Ce n'est pas reluisant: seuls 10% des films français sortis en salles en 2013 sont rentables, selon BFM Business.
«Sur les 20 plus gros budgets de l'année (L'Ecume des joursJappeloupBoule et BillEn solitaireMöbius...), aucun n'atteint le seuil de rentabilité.»
BFM souligne même que TurfAu bonheur des ogresou Gibraltar ont rapporté «moins de 10% des sommes investies».
Les pires échecs sont ceux du Premier homme adaptation d'un roman inachevé d'Albert Camus, avec Jacques Gamblin et Denis Podalydès (coût: 10,3 millions d'euros, pour 36.000 spectateurs, «soit une rentabilité estimée de seulement... 2%» selon BFM Business) Attila Marcel, de Sylvain Chomet (44.000 spectateurs pour un budget de 7,2 millions d'euros, rentabilité établie à 3,6%; Angélique, remake d'Angélique marquise des anges a fait 104.000 entrées pour un budget de 15,75 millions d'euros (le film est encore en salles). 
En 2012, selon des précédents calculs de BFM Business,86% des films français avaient perdu de l'argent.

http://www.slate.fr/culture/81965/films-francais-rentabilit%C3%A9




Les journalistes cinéma du "Figaro" sont désormais privés de projections presse pour les films distribués par Gaumont et Pathé. En cause : leurs critiques jugées trop négatives.

Dans un article intitulé "Pas de tomates pour les navets", plusieurs journalistes du Figaro ont ainsi dénoncé avec ironie cette situation. "Les critiques sont des gens méchants. Parfois, ils écrivent du mal des gentils films. Parfois même, ils osent dire qu'ils ne sont pas tous des chefs-d'oeuvre. Pire, ils ne soutiennent pas systématiquement les longs métrages produits et distribués par les firmes Pathé et Gaumont. Qui n'ont rien contre la critique, pas du tout, du moment qu'elle tartine sur la qualité de leur réalisation" ont-ils raillé.

jeudi 12 décembre 2013

Singapour voit son image se lézarder inexorablement

Louée, pendant des années, comme un havre de prospérité, Singapour voit son image se lézarder inexorablement. Dans la nuit de dimanche à lundi, la cité-Etat asiatique a ainsi été le théâtre de heurts entre plusieurs centaines de travailleurs étrangers et la police, relate Voice of America – du jamais-vu depuis les émeutes raciales de 1969 entre la majorité chinoise et la minorité malaise (au moins quatre morts et 80 blessés). Ces échauffourées, qui ont entraîné l'arrestation de 27 personnes, ont été déclenchées par la mort d'un ressortissant indien, écrasé par un bus dans le quartier de "Little India", où se rassemblent d'ordinaire les employés du bâtiment venus du sous-continent pendant leur pause dominicale. De l'avis de la plupart des analystes, dont le Wall Street Journal se fait l'écho, elles témoignent d'une fissure dans le tissu social, consécutive au poids croissant des étrangers dans l'économie nationale. De fait, rappelle Bloomberg, la population singapourienne a bondi de 1,1 million à près de 5,3 millions depuis la mi-2004, principalement grâce aux travailleurs immigrés. Lesquels représentent aujourd'hui près d'un tiers de la main-d'œuvre totale. Or, pour beaucoup d'entre eux, Singapour n'a rien d'un paradis. Ce serait même plutôt l'inverse. Cadences infernales, piètres salaires : leurs conditions de travail sont peu enviables, souligne le Global Post.